Blog 05
Juin 2007 La Tolérance
Dans une des œuvres de sa fameuse « Trilogie » marseillaise Marcel Pagnol fait dire à César s’adressant à son fils Marius : « la tolérance il y a des maisons pour cela » sous-entendant par cela(excusez le mot) : « bordels ». Ce dernier mot a pris aujourd’hui un autre sens, depuis Marthe Richard, à savoir : désordre…
Evidemment nous n’allons pas suivre Pagnol sur ce terrain : la Tolérance telle que nous la concevons étant une valeur qui devrait, au contraire, être à la base d’un ordre social concernant toute la collectivité humaine.
Mais en fait tout le monde parle de Tolérance en espérant plus ou moins intimement que son point de vue primera sur celui des autres. Il est vrai qu’il est difficile de renoncer à son point de vue qui, dans la plupart des cas, résulte de son expérience personnelle de la vie et surtout d’un certain conditionnement familial, politique, voire religieux…
En faisant court disons que chacun d’entre nous croit détenir individuellement la Vérité et pense que les autres n’ont rien compris.
Mais malheureusement ce raccourci est trop simpliste pour permettre une vie en société harmonieuse et, partant, sans conflits au minimum verbaux…
Il est vrai que l’individu, et le mot parle déjà de lui-même d’après mon dictionnaire, est l’opposé de la collectivité et que l’on conçoit mal la possibilité d’avoir tous le même point de vue, sauf parfois sur des points précis et vitaux faisant l’objet de règlementations et de lois imposées par le législateur…
Mais la vie de tous les jours faite de travail, de déplacements, de repas et de loisirs nous met à chaque instant dans des situations où l’individu est en contact avec d’autres individus qui, par définition, ne sont pas des « clones » ayant les mêmes spécificités. Alors que faire pour que cette cohabitation soit aussi vivable que possible ?
Là est la question fondamentale qui se pose au niveau des entités locales voire nationales et à fortiori au niveau international…
Pour frapper d’une façon aussi percutante que possible les esprits prenons pour commencer le cas des gens de couleur émigrés ou non : n’y a-t-il pas une première réaction de rejet et d’intolérance de la part des nationaux blancs de « souche » et réciproquement de la part des gens de couleur vis-à-vis des blancs dans leurs pays ? Et n’y a-t-il pas une forme d’intolérance de classe de la part des nantis vis-à-vis des gens de condition modeste ?
Je crois me souvenir que c’est Danton, au moment de la révolution de 1789, qui d’une façon péremptoire a dit : « Pas de tolérance pour les ennemis de la Tolérance »…
Je crois aussi me souvenir que Voltaire avait dit : « Je ne suis pas de votre avis mais je me ferai tuer pour que vous puissiez vous exprimer quand même…. »
Mais il ne nous faut pas restés sur un coté négatif de cette question de Tolérance, c'est-à-dire l’intolérance, et essayer d’être positifs en proposant des solutions si tant il y en ait…
Je pense qu’en tout premier lieu il faut s’interroger sur soi-même et se demander si les valeurs auxquelles on attache de l’importance peuvent être transposée chez les autres dont le vécu ne peut être que différent du sien et réciproquement se poser la même question pour les autres…Il est évident que chacun de nous est particulier et unique tant d’un point de vue physique que d’un point de vue intellectuel ce dernier point conditionnant les facultés éducatives et culturelles. Tout cela détermine le mode de pensée et la situation sociale qui conduira à un jugement sur la société et un comportement différent pour chacun.
Cependant, malgré toutes ces différences et dans l’état actuel de la Société la vie en commun est une nécessité vitale aux divers niveaux auxquels on se place ( local, national, mondial ) et des règles ont été établies pour éviter les éventuelles frictions mais cela implique le respect inconditionnel d’un minimum de ces règles et surtout le respect des Individus dans leurs différences sans toutefois tolérer l’intolérable tel que le racisme, la xénophobie, « l’exploitation de l’homme par l’homme ».
Si l’on se place d’un point de vue philosophique la réponse se trouve dans les travaux de Hegel et de son fameux triangle :
Thèse ---- Antithèse ---- Synthèse .
Encore faut-il en connaitre l’existence et la façon de l’utiliser à savoir : que de 2 points de vue différents on doit dégager le fond et trouver le niveau de communauté qui deviendra la Synthèse et dans le cas qui nous intéresse ici les bases de la Tolérance.
Rappelons quand même que la Synthèse n’est pas un compromis mais « l’essence » commune à la thèse et à l’antithèse…
Pour terminer et conclure en revenant à Pagnol :
La Tolérance n’a pas de maison pour se pratiquer mais l’ensemble de l’Humanité.
Rlz
2 commentaires:
Je vais lire ton article ... après les élections qui m'occupent beaucoup pour l'instant.
Tolérance et engagement politique ne devraient pas, à mon humble avis, être des notions très antinomiques.
Bien à toi
Effectivement pour faire un commentaire, il faut être connu de google
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