Blog 04
Juin 2007
Le Sénégal
Il n’est pas question pour moi de tirer des conclusions formelles et définitives sur la situation économique et politique de l’Afrique, d’une part à cause de la disparité des pays qui constituent ce continent et, du fait que je n’ai fait qu’un séjour de courte durée au Sénégal il y a quelques années.
Néanmoins, il est difficile sinon impossible d’oublier ce que
1) Situation géographique du Sénégal :
Le Sénégal se trouve dans la partie la plus occidentale de l’Afrique entre 18° et 24° de latitude Nord et 11° et 17° de longitude Ouest, c’est ce qu’on appelle une situation tropicale…
Il a des frontières communes avec :
-
- Le Mali à l’Est,
-
Il est coupé en 2 presque totalement par
La superficie du Sénégal est d’un peu moins de
C’est un pays plat dont le relief maximal n’excède pas
( Dakar).
Les géographes distinguent 5 régions naturelles au Sénégal :
1) La « région maritime » qui s’étend de Saint-Louis au Nord ( ancienne capitale ) à
2) La région « subtropicale » de
3) La « zone Soudanienne » au Nord et Nord Est ou règne
4) Le « Ferlo » au Nord Est sorte de steppe semi-désertique où pâturent les zébus des tribus Peuhls ;
5) Enfin le « Sahel » zone intermédiaire entre la steppe et le désert saharien, c’est là où le climat est le plus sec et le plus chaud et où l’eau est invisible pendant des années…
Les 4 fleuves principaux du Sénégal sont :
- Le Sénégal qui a donné son nom à la république actuelle,
- Le Saloum ( grossi du Sine ),
-
-
Enfin, disons que le Sénégal n’est distant de Paris que de 5 heures d’avion.
2) Résumé de l’histoire du pays :
Les origines du Sénégal sont très mal connues, toutefois les ossements et outils retrouvés laissent
supposer que les premiers habitants de cette région d’Afrique dateraient du paléolithique inférieur c'est-à-dire environ 150 000 ans…
Ensuite, il semble qu’il y ait eu une évolution comparable à celles d’autres civilisations déjà recensées si l’on en juge par les monuments mégalithiques ( genre menhirs bretons ) et des tumulus retrouvés dans la région du Cap Vert.
L’histoire plus récente est mieux connue spécialement grâce au voyage effectué par un géographe arabe de Cordoue Al-Bakri au XI ème siècle. A cette époque le Sénégal faisait partie du Ghana qui dominait toute cette partie de l’Afrique.
Jusqu’au XI ème siècle les peuples qui vivaient dans cette région étaient de religion animiste mais la conversion à l’Islam d’un chef Peuhl allait changer complètement la face des choses et l’Empire Ghanéen allait éclater.
Ensuite survint l’époque Mandingue avec sa dynastie également musulmane ( aujourd’hui les Mandingues sont les principaux habitants de
19 ème siècle ce ne sont que luttes d’influence diverses qui conduiront à l’éclatement de l’empire Djolof auquel le Sénégal appartenait en partie.
Pendant toute cette période des contacts auraient été établis avec des Européens dont des Français, des Portugais et des Hollandais. Ce n’est pas une période très glorieuse car elle a conduit à ce qu’on a appelé « la traite des noirs » en vue de fournir de la main-d’œuvre quasi-gratuite aux colons d’Amérique qui exploitaient les plantations de coton, bananes, canne à sucre, café…
L’Ile de Gorée, au large de Dakar, était le principal lieu d’embarquement de ces esclaves. On peut visiter aujourd’hui « la maison des esclaves » qui servait de lieu de transit en attendant les bateaux en partance pour les Amériques…
La colonisation officielle par
Il faut quand même reconnaitre que la colonisation française n’a pas eu que des cotés négatifs pour la population sénégalaise qui a pu, grâce à la création d’écoles laïques, promouvoir des élites qui ont, au fil des années, su faire valoir leurs droits et obtenir une indépendance vis-à-vis de
Si l’on exclut quelques incidents relativement limités on peut dire que le Sénégal jouit d’une certaine stabilité politique.
Cette stabilité est d’autant plus méritoire du fait que le Sénégal est constitué d’une mosaïque d’ethnies :
- Wolof ( majoritaires ),
- Peuhl ( bergers nomades ),
- Mandingue,
- Sérére,
- Diola, etc.
et que 3 religions y sont pratiquées :
- Musulmane ( 90 % ),
- Chrétienne ( 8 % ),
- Animiste ( 2 % ).
Malgré la pratique courante de la langue des Wolofs, le français est la langue officielle. Elle y est parlée partout et même très bien…
3) Données économiques :
Les 2 principales ressources économiques du Sénégal sont :
- la pêche maritime en grande partie artisanale, et
- la culture presque exclusive de l’arachide ( riz, mil, maïs…).
Néanmoins, des tentatives prometteuses ont été faites dans la région de Dakar et en Basse-Casamance pour développer des cultures maraichères en vue des besoins nationaux.
L’ordre de grandeur de la production d’arachide est de 600 000 tonnes par an, mais hélas, ce marché est aujourd’hui au plus bas et les stocks s’accumulent faute de clients et à cause des cours au plus bas.
La production de la pêche artisanale ( traditionnelle) est de l’ordre de 400 000 tonnes par an, mais depuis une quarantaine d’années une flotte de « pêche industrielle » tend à remplacer la pêche traditionnelle en pirogue…
D’autre part, le sous-sol sénégalais ne renferme que très peu de minéraux exploitables si l’on exclut quelques phosphates et un peu de fer.
Depuis quelques années un effort important a été engagé avec l’aide de capitaux étrangers
( surtout français ) pour développer le tourisme et de très grands complexes ont été créés particulièrement sur la côte entre Dakar et
Quoi qu’il en soit et bien que le Sénégal, comme de nombreuses anciennes colonies françaises ou autres, ait aujourd’hui officiellement son indépendance, des liens, pour ne pas dire des servitudes, subsistent encore entre les ex-colonisés et les ex-colonisateurs. Il n’est qu’à voir l’origine des produits d’importation ( pharmaceutiques, cabines téléphoniques, voitures automobiles, etc .) pour s’en convaincre.
De surcroît, la colonisation avait conduit à l’exploitation des richesses naturelles au profit du pays colonisateur et c’est ce qui explique la monoculture généralisée ( l’arachide pour le cas du Sénégal…) et l’exploitation minière exclusive ( la bauxite en Guinée par exemple).
Aujourd’hui ces ex-colonies n’ont pratiquement qu’un « client » et un fournisseur unique : l’ancien colonisateur…
Comme beaucoup de « pays en voie de développement » le Sénégal n’a pas de ressources énergétiques ( pétrole, charbon…) . Il est donc totalement dépendant, de ce point de vue, des pays qui détiennent ces richesses et compte tenu des faibles possibilités de compensation sa balance commerciale est déficitaire depuis longtemps et risque de le rester encore selon l’évolution du coût du baril de pétrole brut.
Une conséquence importante de ce déficit énergétique est la désertification croissante de la partie Nord Est du pays ( Sahel ). En effet, les populations locales ne disposent de rien d’autre que de la végétation naissante pour les besoins domestiques ( cuisson des aliments ) et le déboisement est quasi systématique dans cette région. Il s’en suit naturellement un envahissement des zones déboisées par le sable et la réduction, pour ne pas dire la disparition totale, des pluies génératrices de vie végétale. Indépendamment de ce besoin en bois de chauffage, les incendies volontaires pour dégager théoriquement des espaces cultivables accentuent la désertification en conduisant à des phénomènes de déshydratations locaux…
On a affaire ici à un problème cumulatif bien spécifique des pays du « tiers monde » pris dans un certain nombre de « cercles vicieux ».
Cependant, le Sénégal fait des efforts considérables, avec éventuellement le concours de pays économiquement plus développés, pour assurer à chaque village, quelle que soit sa situation géographique, au moins un point d’eau …
Mais là ne résident pas uniquement les difficultés des « pays en voie de développement » et nous allons voir que l’avenir, pour eux comme pour nous, ne se présente pas sous son meilleur aspect pour une autre raison : la démographie qui dans certains pays ( c’est le cas du Sénégal ) n’est pas près d’être maitrisée.
4) Mœurs et Traditions :
Nous avons vu plus haut que la religion musulmane ( sunnite) était de loin majoritaire au Sénégal comme dans la plupart des pays africains au Sud de l’équateur. Selon les préceptes de cette religion un homme a la possibilité d’avoir 4 épouses légitimes si ses moyens lui permettent de les nourrir. En fait au Sénégal et particulièrement dans les régions côtières du Nord-Ouest ( Saint Louis, Dakar ) où les ressources économiques liées à la pêche sont relativement meilleures que dans les régions arides la règle coranique des 4 épouses ( et d’éventuelles concubines ) est largement respectée et il n’est pas rare de voir des familles de 25 à 30 enfants.
Cette « montée en régime » de la démographie se fait, bien sûr, en fonction de l’élévation du niveau de vie d’une part, mais aussi d’autre part de l’amélioration des conditions sanitaires générales. On assiste donc à une espèce de « fuite en avant » ayant pour conséquence majeure de créer des bouches à nourrir et des demandeurs d’emploi que l’économie locale est incapable de satisfaire d’où les tentatives très risquées de rejoindre l’Europe par tous les moyens possibles via Les Iles du Cap Vert ou Les Canaries…
La population du Sénégal s’est accrue d’environ 5 000 000 en moins de 25 ans, en plus des 2 raisons évoquées ci- dessus, de l’usage limité des contraceptifs modernes et cela indépendamment des traditions africaines reposant sur une espèce de sacralisation de la famille…
5) Conclusion :
Sans vouloir entrer trop avant dans des considérations de caractère politique force est de constater que, d’une façon générale, les pays du Sud dont le Sénégal sont pris dans un « cercle vicieux » à cause :
a) de leur démographie mal contrôlée,
b) de leur économie à base de monoculture héritée de l’époque coloniale,
c) de la mainmise sur les matières énergétiques, quand elles existent, par des trusts internationaux,
d) de la dépendance vis-à-vis des anciens pays colonisateurs,
e) de la désertification qui réduit peu à peu les surfaces cultivables et de pâturage.
Devant une telle situation, les jeunes générations n’ont pour l’instant d’autres solutions que l’émigration, par tous les moyens possibles y compris les plus risqués, vers les ex-pays colonisateurs qui, ayant conservé des intérêts dans leurs anciennes colonies, sont en position difficile pour refouler ces migrants auxquels ils doivent beaucoup de sacrifices en particulier lors des guerres qu’ils ont menées un peu partout…
Rlz
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