Etude 015 a
Novembre 2006 Mais où sont donc passés les ouvriers ?
1) Introduction :
Pendant pratiquement ces 2 derniers siècles la société a été composée de Patrons, Artisans, Commerçants, Banquiers, Bourgeois vivant de rentes, Professions libérales et….d’Ouvriers…
Précédemment, sous
On ne parlait évidemment pas de lutte des classes car, malgré parfois quelques « Jacqueries », les choses étaient ainsi depuis des siècles et à part quelques « Esprits éclairés » qui avaient conscience de cet état de faits rien ne venait troubler cet équilibre séculaire…De surcroît, la plupart des pays, dont
2) Notion de Classes sociales :
Ce n’est guère que depuis
Cette situation conduisit à une bipolarisation des partenariats sociaux (Patrons et Salariés) dont les intérêts étaient totalement opposés…
A noter que les intellectuels qui étudièrent ces questions arrivèrent bien évidemment à des conclusions divergentes selon qu’ils prônaient un système générant un maximum de profit financier et de pouvoirs pour le Patronat ou qu’ils s’opposaient à l’exploitation maximale des Salariés au nom de ce profit reposant sur l’exploitation du travail des Ouvriers…
Citons Adam Smith puis Keynes pour la promotion d’un système de type capitaliste, et Karl Marx puis Jaurès pour la promotion d’un système socialiste, entre autres.
Nous reviendrons brièvement sur les théories de ces intellectuels et philosophes…
Bien évidemment les systèmes économiques en place tant sous
Le système était pratiquement verrouillé et il n’était pas question, sauf cas exceptionnels, de changer de statut social spécialement pour les salariés et particulièrement les Ouvriers. Bien sûr, le fonctionnement d’un complexe industriel nécessitait un « encadrement » plus ou moins servile et les Ingénieurs, pour la plupart issus de la bourgeoisie, assuraient par délégation une partie du pouvoir que le Patronat leur avait confié…( Zola décrit parfaitement cette situation en particulier dans Germinal ).
Karl Marx considérait que les Ingénieurs ne pouvaient appartenir à la classe ouvrière du fait de leurs liens acceptés de subordination au Patronat. Comme nous le verrons en examinant la situation d’après la seconde révolution industrielle : celle de l’Informatique, du Nucléaire, de l’Aéronautique et de l’Astronautique une nouvelle catégorie de salariés dont le niveau de connaissances techniques et scientifiques est relativement élevé a rejoint la masse des autres salariés et sont soumis aux mêmes règles de subordination malgré un salaire supérieur de l’ordre de 3 à celui des « ouvriers qualifiés » et quelques menus avantages qui, de toutes façons, ne les font pas entrer dans le cercle bien fermé du Patronat dont les profits pécuniaires et les pouvoirs sont sans commune mesure…C’est le cas des Agents Techniques, des Contremaitres, de la majorité des Ingénieurs voire des Chefs de Service et des Directeurs, des Cadres en général…
De surcroît, il faut considérer que la notion de Patronat a terriblement évoluée du fait de la nouvelle forme des entreprises, qu’elles soient de caractère industriel ou de service, et qu’on ne peut pratiquement plus parler de « Patron » en tant qu’individu car on affaire à des Sociétés constituées d’actionnaires plus ou moins anonymes et qui sont parfois d’autres Sociétés ou des groupes financiers nationaux ou étrangers…
3) Question de terminologie :
Comme on vient de le voir les mots ont changé au fils des ans et le langage de Jaurès ou de Marx qui parlaient de « Patronat » et de « Prolétaires » est pratiquement hors de l’usage courant à présent : hormis les Patrons qui n’ont pas honte de leur appellation combien de Salariés se reconnaissent dans l’appellation d’Ouvriers et surtout de Prolétaires ? Et pourtant...
Lorsque l’on questionne un salarié sur sa profession il est rare qu’il vous réponde: « je suis un ouvrier » et encore moins « je suis un prolétaire ».
Cependant comme je crois l’avoir rappelé plus haut il n’y a que 2 classes sociales si l’on exclut les professions libérales et du spectacle voire du sport professionnel qui ne représente qu’une minorité d’intervenants sociaux bien que ceux-ci investissent souvent leur revenus dans des opérations financières dont ils ignorent la vraie finalité…
Ouvriers, Techniciens, Agents de maitrise, Employés de bureau, Ingénieurs, Cadres sont, que cela fasse plaisir ou non, des Prolétaires car selon la définition de Marx : « est Prolétaire celui qui n’a que son travail à vendre ».
D’ailleurs, le Président Pompidou (inféodé à la banque Rothschild) ne s’y est pas trompé lorsqu’il a supprimé le payement à l’heure des ouvriers en disant : « En France il n’y aura plus d’ouvriers car j’ai décidé que, dorénavant, tous les salaires seront mensualisés ». Belle démagogie !
Et puis n’avez-vous pas remarqué qu’on ne dit plus « balayeur » mais « Technicien de surface », ni « secrétaire » mais « Assistante de direction », ni « instituteur » mais « Professeur des écoles », etc.?
Bien sûr, me direz vous la technicité et le niveau d’instruction se sont élevés au fil des années mais le système économique de caractère capitaliste est resté le même dans son principe avec un rapport de force toujours favorable au Patronat et aux financiers qui sont derrière, et pour utiliser une formule qui avait cours dans certains milieux à une époque : « l’exploitation de l’homme par l’homme » et qui est toujours d’actualité…
4) Quelques références :
Il est bien évident, comme rappelé ci-dessus, que la notion de classes sociales (et de ce qui en découle) est en premier lieu la conséquence des progrès techniques et technologiques mais aussi de la montée en puissance de
Bien sûr nos dirigeants actuels qui privatisent à qui mieux-mieux nos Sociétés Nationales font des envieux parmi la classe ouvrière qui achètent des actions croyant accéder à une promotion sociale qui les hissera au rang de « Patrons », c’est oublier l’exemple relativement récent de l’Eurotunnel qui a touché des milliers de petits porteurs un peu naïfs : on ne joue pas impunément à un jeu dont on ne connait pas toutes les règles et tous les arcanes…
Notre société de nature capitaliste ou libérale est en équilibre dynamique apparemment stable mais il suffit que le rapport de force entre le Patronat et
Bien évidemment là on retrouve des variantes qui vont de
Pour mémoire rappelons les Coopératives Ouvrières de production ou de commerce :
- Familistère de Godin,
- Verrerie d’Albi,
- Phalanstère de Fourrier,
- Usine collective d’Owen en Angleterre,
- Télémécanique à Nanterre,
- AOIP à Paris,
- les COOP, SCOOP et autres systèmes coopératifs, etc.
Et plus récemment l’association « Capital / Travail » de Charles De Gaule…
Face à ces solutions qui n’ont eu qu’une durée éphémère du fait qu’elles se trouvaient d’une part en concurrence avec un système plongeant ses racines dans un tissu totalement lié à la finance internationale et d’autre part, au manque de préparation de
L’expérience Soviétique semble avoir trouvé ses limites,
5) Conclusion :
Où est la solution idéale, nos philosophes actuels émettent tout un tas d’hypothèses plus ou moins utopiques en éludant d’un revers de main la solution de la « Société sans classe » dans laquelle un travailleur qu’il soit manuel ou intellectuel n’aura pas honte d’être un Ouvrier malgré le sens originel du mot c'est-à-dire capable de faire une ŒUVRE manuelle ou intellectuelle en s’inscrivant dans un projet social collectif dont l’Homme en tant qu’individu serait le dénominateur commun ?
Rlz
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