Décembre 2004 Physique et Economie
Etude 02 A
Dans une précédente Etude ( Ainsi va le monde ) j'évoquais succinctement les théories économiques de Marx et d'Engels comportant les notions de " profit ", de " plus value ", de " salaire moyen " et " d'exploitation de l'homme par l'homme " et concluais par la nécessité de trouver un nouvel Humanisme du 21 ème siècle comparable à celui de l'époque des Lumières ( 18 ème siècle ) tout du moins dans l'esprit car les " valeurs " de cette époque n'ont pas forcément le même aspect que celles de nos jours.
Cependant, en y regardant de plus près avec un regard scientifique à base de mathématiques ( thermodynamique) et spécialement en introduisant la notion d'Entropie qui a peut-être échappé aux fondateurs du Marxisme cette philosophie humaniste n'est peut-être pas si périmée que d'aucuns le prétendent…
En effet, sans entrer dans des détails que seuls les physiciens connaissent il est possible de transposer les notions de Travail et de Chaleur en coût de production et en prix de vente du marché et considérer que l'on a affaire à ce qu'on appelle en thermodynamique un système isolé et irréversible dont l'Entropie ne peut qu'augmenter également à cause du désordre engendré par les étapes matérielles et économiques nécessaires. Le système économique capitaliste est un système irréversible par définition car le producteur, c'est à dire celui qui est à l'origine du produit, n'est jamais celui qui le vend et n'en est jamais le bénéficiaire à 100%.…
En appliquant les principes de la thermodynamique à l'économie capitaliste on arrive à la conclusion que l'irréversibilité du système fait que l'Entropie ne peut que croître et en l'occurrence, dans notre hypothèse: le Profit.
En thermodynamique on considère qu'un système est irréversible lorsqu'il échange du Travail ou de Chaleur avec le milieu extérieur et la comparaison avec l'économie de marché est évidente. Nous touchons là à des notions assez délicates car il peut y avoir confusion entre l'Energie et l'Entropie selon que l'on considère un système isolé ou non isolé ( Principe de conservation et principe d'évolution de Carnot ).
Pour mémoire rappelons que l'expression mathématique de l' Entropie est:
dQ
S = ∫ T
et que sa dimension est celle d'une Chaleur spécifique.
Dans le cas où le système n'échange pas de chaleur avec le milieu extérieur, c'est à dire dans l'analogie que nous avons retenue ( production et vente nulles ), on dit qu'il s'agit d'un système adiabatique dans quel cas la variation d'Entropie est nulle et l'équation ci-dessus est égale à zéro.
En schématisant analogiquement le fonctionnement d'un système social capitaliste ou libéral on peut établir l'organigramme suivant selon la terminologie marxiste:
Travail productif → Salaire "moyen" → Valeur brute → Plus value → Prix de vente → Profit
dans lequel on voit apparaître un " salaire moyen" estimé qui laisse à l'employeur une certaine latitude bénéficiaire en plus de la "plus value" qui représente une valeur ajoutée 1ère génératrice de profit avant l'établissement du "prix de vente" fonction du marché et des éventuelles concurrences. Le but final est d'obtenir le maximum de Profit et en terme de thermodynamique de faire croître l'Entropie au maximum.
En effet, notre analogie est crédible puisque nous sommes en présence d'un système isolé et irréversible comme rappelé ci-dessus puisque le producteur ne se voit rétribué qu'en fonction de son travail payé sur la base d'un "Salaire moyen" arbitrairement fixé par son employeur et plus généralement par les syndicats d'employeurs et qu'il a créé du désordre dans l'organisation établie …
Le Profit, donc l'Entropie, est en règle quasi générale réparti entre les actionnaires qui n'ont aucune notion des mécanismes scientifiques qui régissent tout le système économique tel que les ont analysés Marx et Engels et qui sont indifférents aux crises qui frappent périodiquement l'économie, seul compte pour eux le rapport de leur mise de fonds initial jusqu'à ce qui se présente un "accident " financier du genre d'un certain " jeudi noir" aux USA en 1929 si ma mémoire est bonne…
( c.f. notre "Ainsi va le monde" d'octobre 2004 ).
Le système capitaliste porte en lui ses propres contradictions qui le conduiront à son auto destruction à terme (cours et épuisement du pétrole et des matières premières en général, changement de régime politique, chômage, hyper consommation, etc.) par exemple, et notre comparaison avec les lois de la thermodynamique n'est peut-être pas aussi théorique que celà car les sciences physiques qui ont des règles vérifiées par l'expérience depuis longtemps et qui ne sont pas à priori fonction des hommes et des sociétés peuvent s'appliquer selon nous à l'économie capitaliste qui ne repose pratiquement que sur des critères économiques et financiers de Profit selon des principes exposés par Adam Smith, Keynes voire antérieurement par Tocqueville et non sur une réflexion scientifique à base de physique telle qu'évoquée par cette petite étude sans prétention qui, elle, n'est pas soumise aux lois du marché…
On peut d'ores et déjà affirmer que les systèmes capitaliste et libéral ne peuvent par principe et mathématiquement rapporter aux producteurs ( les prolétaires ) la totalité de la valeur de leur travail du fait de l'irréversibilité des phénomènes pseudo thermodynamiques qui les régissent.
Pour conclure cette brève et superficielle étude on peut dire qu'il est toujours très enseignant de rapprocher en les comparant les théories économiques et financières de caractère opportuniste aux données de la physique rationnelle confirmée par les réalisations techniques de tous les jours…
Rlz
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